Logo Maxim Guédon

Fiscalité

La fiscalité pour les TPE/PME

14 mai 2026

La fiscalité est souvent vécue comme une contrainte subie par les dirigeants de TPE/PME. Une obligation que l’on délègue à son expert-comptable sans toujours comprendre les règles du jeu. Pourtant, maîtriser les bases de sa fiscalité d’entreprise, c’est aussi maîtriser ses décisions : choix de la structure juridique, politique de rémunération, arbitrage entre investissement et distribution de dividendes. En 2026, voici ce que tout dirigeant de TPE/PME devrait savoir pour payer le bon impôt. Ni plus, ni moins, ni plus tard que nécessaire.

La fiscalité pour les TPE/PME

1. IR vs IS : le premier arbitrage stratégique

  • Les entreprises individuelles (EI, micro-entreprise) relèvent de l’IR par défaut : les bénéfices s’ajoutent aux revenus personnels du dirigeant
  • Les sociétés (SARL, SAS, SA) relèvent de l’IS par défaut, avec option IR possible sous conditions pendant 5 ans
  • Avantage IS : les bénéfices non distribués restent dans la société taxés à 15% ou 25% — levier de capitalisation puissant
  • Avantage IR : simplicité, et pertinent quand les revenus globaux du foyer sont faibles (tranche marginale basse)
  • Point de vigilance : l’option IS est irrévocable passé un délai. Il faut simuler avant de décider.
  • Tableau comparatif simple :
CritèreIRIS
ImpositionBarème personnel (jusqu'à 45%)15% jusqu'à 42 500 € puis 25%
Bénéfices non distribuésTaxés immédiatementTaxés seulement à la distribution
ComplexitéSimplePlus structuré
Idéal pourDémarrage, faibles bénéficesCroissance, capitalisation

2. Le taux réduit d’IS à 15% : conditions et enjeux

  • Applicable sur les 42 500 premiers euros de bénéfice imposable par exercice
  • Conditions : CA < 10 M€, capital entièrement libéré, détenu à 75% minimum par des personnes physiques
  • Économie annuelle potentielle : jusqu’à 4 250 € par rapport au taux normal de 25%
  • Attention : une entrée d’une holding au capital peut faire perdre le bénéfice de ce taux si elle-même ne remplit pas les critères
  • Ce point mérite une vérification annuelle, surtout en cas d’évolution du capital

3. La TVA : mécanique, régimes et pièges

  • Principe de base : vous collectez la TVA pour l’État sur vos ventes, vous récupérez celle que vous avez payée sur vos achats professionnels éligibles. La différence est versée à l’État.
  • Les 3 régimes principaux :

1 • Franchise en base : pas de TVA facturée ni récupérée. Seuils 2026 : 37 500 € pour les services, 85 000 € pour les ventes de marchandises
2 • Réel simplifié : 2 déclarations annuelles + acomptes semestriels. Adapté aux CA modérés
3 • Réel normal : déclarations mensuelles ou trimestrielles. Obligatoire au-delà de 840 000 € de CA (prestations de services) ou 254 000 € (services)

  • Dépenses à TVA non récupérable : véhicules de tourisme (sauf location avec chauffeur), carburant essence, frais de logement du dirigeant, cadeaux > 73 € TTC par an et par bénéficiaire
  • Conseil pratique : ouvrir un compte bancaire dédié TVA collectée pour ne jamais utiliser ces fonds en trésorerie courante

4. Les charges déductibles : maximiser sans risquer

  • Sont déductibles du résultat imposable toutes les charges engagées dans l’intérêt de l’entreprise, à condition d’être : réelles, justifiées par une facture, engagées dans l’exercice concerné
  • Exemples de charges souvent sous-utilisées :

1 • Frais de formation du dirigeant (intégralement déductibles)
2 • Cotisations à des organisations professionnelles
3 • Abonnements à des outils numériques professionnels
4 • Frais de déplacement et de représentation (avec justificatifs)
5 • Intérêts d’emprunt professionnel

  • La règle d’or : toute dépense mixte (perso/pro) doit être proratisée. Passer 100% d’une dépense mixte en charge, c’est s’exposer à un redressement.
  • Ce qu’il ne faut pas faire : déduire des charges fictives, anticiper des charges non encore engagées, ou faire passer des dépenses personnelles en frais professionnels — les sanctions sont lourdes

5. La cotisation foncière des entreprises (CFE) : l’impôt qu’on oublie

  • La CFE est due par toutes les entreprises exerçant une activité professionnelle non salariée, y compris les micro-entrepreneurs (sauf première année)
  • Son montant varie selon la commune et la valeur locative des locaux utilisés
  • Elle est exigible en décembre et souvent sous-provisionnée en comptabilité
  • À intégrer systématiquement dans le prévisionnel de décaissements annuel

6. L’accompagnement fiscal : expert-comptable vs conseiller stratégique

  • L’expert-comptable assure la conformité : déclarations, clôture, obligations légales. Son rôle est rétrospectif.
  • Le conseiller en pilotage stratégique et financier travaille en prospectif : simulation d’options, arbitrages de structure, optimisation de la rémunération dirigeant, anticipation des charges fiscales.
  • Les deux rôles sont complémentaires — pas substituables
“Dans mon cabinet, j’interviens en complément de l’expert-comptable. Mon rôle : traduire les chiffres en décisions, anticiper les impacts fiscaux des choix stratégiques, et construire une vision financière à moyen terme.”

La fiscalité n’est pas une fatalité. C’est un système avec des règles — et comme tout système, il récompense ceux qui le comprennent. Connaître son régime d’imposition, ses obligations TVA, ses leviers de déduction et ses seuils, c’est la base d’une gestion financière saine et optimisée. Si vous souhaitez faire le point sur la situation fiscale de votre entreprise et identifier les marges d’optimisation disponibles, je propose un diagnostic fiscal pour les dirigeants de TPE/PME.